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04/06/2009

le 7 Juin votez pour lui!

Henri de Codt, un jeune sur la liste bruxelloise du CDF (liste 42)

 

 

 

Le CDF, vous y croyez toujours?

Plus que jamais! La période que nous traversons nous montre que, lorsqu'on évacue du champ politique les

vraies valeurs humaines, on crée un vide dans lequel viennent s'engouffrer les pires choses : matérialisme,

fanatisme, intégrisme, injustices à l'égard des plus faibles, mépris de la famille. Ce qui fonde notre société se

trouve bafoué en faveur de ce qu'on appelle « les droits de l'homme ». Ces derniers deviennent malheureusement

de plus en plus souvent les droits de certains au détriment des autres. Voyez comme on donne la possibilité aux

parents de divorcer facilement et comme on oublie par là le bien de l'enfant. C'est vraiment la notion de liberté et

de responsabilité qui est de plus en plus mal comprise, généralement à cause du manque de repères. La société

toute entière en est victime... et chacun en particulier.

 

Le « C » du CDF risque de rebuter pas mal de gens...Pourquoi le maintenir?

Quand on entend « valeurs chrétiennes », avec un peu de bonne volonté on sait de quelles valeurs ont parle! Le

langage est clair : nous défendons la vie et la famille. Et dans ce mot « chrétien », on sent aussi quelque chose

d'immuable : nos valeurs ne changeront pas en fonction des modes. Ces valeurs sont toujours actuelles, toujours

indispensables pour vivre en société.

Vous trouvez ces valeurs ringardes ? Certainement pas ! Elles sont éternellement jeunes! Il suffit de voir comme

les gens qui en vivent vraiment rayonnent une paix profonde, même à travers les difficultés.

Et cela, chrétien ou pas, on peut s'en rendre compte. Le CDF n'est en tout cas pas un club de chrétiens coincés

sur la défensive. Ceux qui croient cela ne nous ont jamais rencontrés!

 

Et que dire du « F » qui a changé de sens?

Effectivement, il signifiait « Francophones » et est devenu « Fédéraux » pour mieux refléter l'esprit qui nous

anime et notre volonté d'unir les qualités de nos communautés linguistiques pour le service de notre pays. Nos

façons différentes d'aborder les difficultés et les événements sont une richesse insondable! Nous croyons que

nous pouvons encore vivre ensemble et nous pensons aux très nombreuses familles qui ont leurs racines des

deux côtés de la frontière linguistique et qui vivent dans un joyeux bilinguisme!

 

Avez-vous des qualités particulières pour vous lancer dans la politique?

Je n'ai aucun titre académique pour m'attirer les voix. Par contre, je suis ouvert sur tous les sujets d'actualité. Et

au-dessus de tout cela, j’ai le très vif désir de laisser à ceux qui nous suivent une société plus belle et plus juste.

Chez moi, idéalisme et réalisme font assez bon ménage!

 

Donc vous nous dites : « Votez pour moi »?

Je n'aurais pas cette prétention! Je vous dirais plutôt : même si cela vous paraît inutile de voter pour un si petit

parti, vous ne perdez pas votre voix parce que vous vous unissez à nous pour nous rendre plus forts. Et un jour –

peu importe qu'il soit proche ou lointain – nous pourrons nous faire davantage entendre. Quand vous votez, vous

avez en somme la possibilité de vous poser la question: « Qu'est-ce qui est le plus important pour moi? » A vous

de répondre : mon portefeuille? ma sécurité? ma liberté? la vie?... Vous êtes seuls à pouvoir répondre!

 

 

 

 

 

 

 

23/05/2009

standard versus anderlecht

Allé, on ne peut pas s'empêcher d'en parler de ce fameux duel, car il ya des week-end franchement ou la politique est à l'ombre de matchs lumineux! (et parce que c'est ca aussi qui fait notre petite Belgique)

voici un article de Jean-Marie Klinkenberg paru dans la libre de ce samedi 23.

 

Duel

Anderlecht vs Standard

Mis en ligne le 23/05/2009

Le monde du pensable est organisé par des oppositions fondamentales et fondatrices. Ces paires contrastées sont des modèles qui permettent de mieux comprendre l'univers. Zoom sur une opposition, en pleine actualité.
Jean-Marie KLINKENBERG (*)

S’il faut en croire les structuralistes, le monde du pensable est puissamment organisé par des oppositions fondamentales et fondatrices : le cru et le cuit, le chaud et le froid, le diable et le bon dieu, les dionysiaques et les apolliniens, le yin et le yang, bordeaux et bourgogne, Coppi et Bartali ; pour ne rien dire de Roux et Combaluzier, Moët et Chandon, Charybde et Scylla. Les mêmes structuralistes vous expliqueront que ces paires contrastées sont des modèles qui vous permettent de mieux comprendre l’univers : le grouillement apparemment sans ordre qui fait celui-ci se laissant docilement ordonner par celles-là.

 

Parmi toutes ces oppositions régulatrices, il en est une qui brille par sa puissance et son universalité. En tout cas, elle fonde solidement la Belgique, par-delà les clivages linguistiques. Exploit dans lequel elle n’est guère con­currencée que par la Côte. Cette opposition, qui s’était d’ailleurs déjà imposée au lecteur, c’est Standard versus Anderlecht.

 

Anderlecht n’est qu’élégance. Son joueur pose le regard sur le ballon, évalue la situation, et agit avec retenue. Le Standard est roufe-tot-djus. Son joueur se bat avec la balle, mord sur sa chique et fonce. Il travaille, lui. D’ailleurs, le premier est un actionnaire, qui gère son capital avec conscience. Le second est un prolétaire, qui n’a que ses jambes à vendre. Le premier lit les pages saumon du "Figaro", le second la Une bigarrée de "La Meuse".

 

Anderlecht c’est la science. Le Standard, le courage. C’est la ruse et la force. Ulysse vs Achille. L’Odyssée vs l’Iliade.

Les tenues des Anderlechtois sont profilées comme des Formule 1. Elargies à l’embouchure du col, elles épousent les formes des sprinters et ne laissent aucune prise aux tirages de maillot. Les tenues des Standardmen s’appellent encore des vareuses épaisses et franches aux coudées, elles sont unitaille et refusent la coquetterie et l’illusion du muscle, au profit de l’identification collective. Les maillots d’Anderlecht résistent mal aux panses à bière. Les vareuses du Standard n’ont pas peur des taches.

Anderlecht est insolemment fier. Le Standard est fier de son insolence. Anderlecht est froid. Le Standard est chaud. D’ailleurs, le stade de l’un est un parc ; celui de l’autre est un chaudron.

L’un est fait d’individualités, l’autre est une famille.

Si les maillots de leurs joueurs n’avaient pas les couleurs que l’on sait, le Standard serait maillot jaune, Anderlecht maillot vert.

Anderlecht célèbre un sacre, et sable le champagne. Le Standard fête un exploit, et fait péter la chope. L’Anderlechtois s’enorgueillit, le Standarman s’enivre.

Le rouge qui trahit est banni. Le mauve qui trahit est vendu.

Anderlecht est aristo. Le Standard est populo.

 

Le supporteur d’Anderlecht va au football comme on va à la Villa Lorraine : se réjouissant intelligemment, salivant avec distinction et retenue. Le supporteur du Standard y va comme on va au café Lequet : tonitruant, jubilant grassement en pensant aux sauces et à la mayonnaise. Le premier est laïc, le second est croyant. L’un a le sérieux du Nord, l’autre le cœur sur la Méditerranée. L’un a des exigences et des ambitions, l’autre cultive la complaisance et le fatalisme.

Le premier a un contrat avec son club. Il l’a signé avec un stylo Mont Blanc. Et la convention comporte une clause de révision quadriennale. Le second a un pacte. Il l’a garanti de son sang, ah mais. C’est un engagement éternel.

Anderlecht, c’est le club de la capitale, tandis que ah non, ça, ce n’est pas une opposition : le Standard, c’est aussi le club de la capitale. Même qu’elle est plus capitale que l’autre, parce qu’elle est plus ancienne, bien plus ancienne, dans son statut de capitale.

Anderlecht et Standard sont entre eux comme constance et fidélité.

 

Anderlecht est jouteur, le Standard lutteur. Anderlecht est pugnace, le Standard combatif. Anderlecht est accrocheur, le Standard bagarreur. Anderlecht est incandescent, le Standard ardent. Le Standard est flamboyant, Anderlecht étincelant. Le Standard est agressif, Anderlecht offensif. Le Standard est têtu, Anderlecht tenace. Le Standard aveuglant, Anderlecht lumineux.

L’orchestre d’Anderlecht fait de la musique de chambre au salon. Le Standard donne un sens plus pur aux shoots de la tribu.

Le Standard c’est Aristote. Anderlecht c’est Platon.

(*) Jean-Marie Klinkenberg est linguiste et sémioticien, professeur à l’université de Liège.

Ce texte est extrait de "Petites mythologies belges", Jean-Marie Klinkenberg, Les Impressions nouvelles, 2008.