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27/11/2008

Conférence-débat : Développement durable et spiritualité ? (4 décembre)

Les spiritualités et religions ont-elles quelque chose à dire au développement durable ? Peut-on concevoir celui-ci sans un souffle spirituel qui change le regard sur la nature et induit un autre rapport aux biens ?

Le professeur Édouard Herr, des Facultés Universitaires de Namur et de l’Institut d’Études Théologiques des jésuites de Bruxelles, docteur en économie, abordera la question du développement durable et de son lien avec la spiritualité.

Cette conférence-débat est organisée par ICHTHUS, né dans le contexte de l’objectif 2050 du développement durable dans la commune d’Ottignies Louvain-la-Neuve. Ce groupe inter-paroissial veut apporter une contribution à cette problématique et, en même temps conscientiser les milieux paroissiaux. Il collabore avec le Centre Avec (Bruxelles).

Lieu : auditoire Montesquieu
Date : 4 décembre, de 20h à 22h30.
Un verre de l’amitié clôturera la soirée. Une boisson “commerce équitable”, bien sûr !

Thèmes abordés : brève présentation du développement durable, considération des enjeux éthiques et politiques, lien développement durable et spiritualités.

Le groupe “Ichthus” a pour objectif d’apporter au débat de société la voix de ses citoyens qui ont en commun la spiritualité chrétienne. Cette initiative se situe dans le cadre de la ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve engagée dans une démarche de développement durable et qui a lancé un projet « tous partis » pour le développement 2025-2050. Les membres d’Ichthus estiment que la voix des religions peut apporter un plus. Partant d’une attitude contemplative face à la Création, elles invitent chacun à respecter celle-ci et à être artisan d’une humanité fraternelle, où tous, sur pied d’égalité, et toutes les générations ont droit au partage équitable des biens de cette terre dont nul n’est propriétaire. Ichthus signifie, en grec, poisson. Il était l’emblème des chrétiens du temps des catacombes. L’océan n’est-il pas le lieu de naissance de la vie ?

Contacts : hlaigneaux@centreavec.be (0478.79.21.11) ; Charles Delhez : charles.delhez@skyney.be (0498/79.21.11)

 

www.maisondd.be

30/03/2008

"Accepter des actions qui nous coûtent"

41e53fb52909e900d4d563582a7ff50c.jpgVoici quelques coins de l'interview d'Edouard Bard, climatologue et professeur au collège de France, au sujet du réchauffement climatique. Cette intéressante interview a été réalisée par Gilles Toussaint, est parue dans la libre ce 14 février et est visible dans son entièreté sur lalibre.be (http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=4...).

 

L'année 2007 semble avoir marqué un tournant dans la prise de conscience de la réalité du réchauffement. Avez-vous le sentiment que les pouvoirs publics ont pris la pleine mesure des changements qu'ils doivent induire ?

Oui et non. Je pense qu'il n'y a pas à l'heure actuelle un décideur d'un grand pays qui n'ait pas conscience du fait qu'il y a effectivement un problème et qu'il faut s'en occuper. Mais il y a des résistances très fortes, parce que l'on doit à présent faire bouger nos sociétés au niveau des industries, et aussi de nos activités quotidiennes. Et pas avec des mesures cosmétiques. Dès que l'on touche à des gigatonnes de carbone, cela concerne tous nos comportements, nos modes de vie et surtout l'économie de façon très profonde. A cela s'ajoutent des problèmes diplomatiques liés à des pays émergents qui consomment de plus en plus. Il est très difficile de les convaincre d'être vertueux. Pour cela, il faut que nos pays industrialisés se mettent à accepter des mesures qui nous coûtent dans tous les sens du terme. Mais encore une fois, si l'on intègre tous les coûts liés à la pollution résultant de toutes nos activités, on se rend compte que finalement, ce n'est que justice. On ne doit pas fermer les yeux et laisser assumer aux générations futures un problème qui pourrait être monumental.

 

 Pourra-t-on toujours éviter le débat sur une réduction de la consommation tout court, ce qui revient à toucher au dogme de la croissance économique ?

Il faut avant tout arriver à "décarboner" rapidement nos économies. Après, il est effectif qu'il faudra opérer des réductions massives de consommation, mais cela remet en cause nos modes de vie. Il est clair que ce message n'est pas populaire et qu'il est électoralement dévastateur, mais si l'on veut aller vers les réductions de 20 pc en 2020 et davantage au-delà, on sera bien obligé de l'envisager. On n'y coupera pas.

 

Quand on voit les résultats d'études récentes sur la fonte des glaces notamment, le Giec ne se montre-t-il pas encore trop prudent ?

Paradoxalement, on l'accuse souvent d'être catastrophiste. Or je pense que ce n'est effectivement pas le cas. Sur de nombreux points, il est plutôt prudent et n'a pas inclus des tendances qui sont encore incertaines. Au niveau de la hausse du niveau de la mer, par exemple, il est très clair que la contribution en particulier de la fonte de la calotte du Groenland qui semble apparemment s'accélérer, n'a volontairement pas été prise en compte dans le bilan final du Giec.

 

Tous les sceptiques n'ont pas encore rendu les armes. Pourtant la plupart de leurs arguments sont pris en compte dans les travaux du Giec. Y a-t-il véritablement une volonté de désinformation ?

La planète sceptique est très variée. Il y a effectivement une classe de gens bien connus qui ont un agenda dicté par des lobbies industriels puissants. Notamment les pétroliers aux Etats-Unis qui ont recruté toute une frange de scientifiques à la marge pour perturber les débats en masquant certaines choses ou en les caricaturant. On peut aussi observer que des mouvements créationnistes américains font partie des lobbies des sceptiques. On a l'impression que cela relève véritablement d'une crise contre la science d'une certaine frange de la population. D'autres aussi, sont sceptiques par ignorance, cela arrive souvent.

 (photo JOHANNA DE TESSIÈRES)