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30/06/2009

"Le religieux dans la sphère publique"

Après les multiples débats au sujet de la présence ou non de signes religieux dans nos assemblées, voici une opinion parue dans La Libre du jour qui a le mérite de remettre certaines choses au clair.

 

Le religieux dans la sphère publique

mis en ligne ce 30 juin 2009 sur lalibre.be

 

La neutralité, ce n'est pas imposer à tous une manière de vivre "laïque" au sens philosophique. Il convient de séparer l'Etat de la laïcité organisée, qui est reconnue à l'égal d'une religion.

Dans une opinion publiée récemment (LLB 18/05/2009) intitulée "Raisonnables, les accommodements ?" , il est affirmé que l’expression du religieux dans la sphère publique serait une application de la notion d’ "accommodement raisonnable" , ce qui présenterait selon les auteurs divers dangers dont celui du communautarisme.

 

Une confusion existe au sujet de la notion d’"accommodement raisonnable" et des principes fondamentaux qui gouvernent notre société. Un "accommodement raisonnable" désigne l’assouplissement d’une norme en vue d’éviter que celle-ci ne crée une discrimination à l’encontre d’une catégorie de personnes, l’objectif étant de respecter le principe d’égalité des citoyens.

Il convient donc d’abord de vérifier la "norme" applicable et quelle est la hiérarchie des normes. En Belgique, la Convention européenne des Droits de l’homme (ci-après "CEDH") prime sur la Constitution, laquelle prime sur les lois, décrets et ordonnances, etc. Un justiciable peut saisir la Cour constitutionnelle et la Cour européenne des Droits de l’homme si une norme nationale, ne répondant pas aux principes consacrés, lui cause préjudice. On ne peut donc mettre au même niveau le règlement d’ordre intérieur d’une école et un article de la CEDH ou un principe constitutionnel.

Dans le domaine qui soulève "déraisonnablement" la controverse, il s’agit de la liberté de culte. Or, la CEDH (article 9) et la Constitution (article 19) consacrent clairement la liberté de culte. Ce sont des normes supérieures auxquelles doivent se conformer les législations et règlementations nationales. Des limitations à ces libertés sont possibles selon la CEDH, mais seules des lois (et décrets) peuvent les limiter, pour autant que ces lois constituent "des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui".

Revendiquer l'application d'un principe consacré par la CEDH et par la Constitution, à savoir la liberté de culte, en l’absence de loi (ou de décret) limitant cette liberté, ce n'est pas "déroger" à une norme, mais c'est bien l’appliquer. Il ne peut donc être question d'"accommodement raisonnable".

L’"égalité" que les auteurs de cette opinion (du 18/05/2009) invoquent ressemble à la notion d’uniformité. Or l’égalité se fait dans la diversité et la différence et non dans l’uniformité. C’est consacré de façon claire par la CEDH et par la Constitution. La Déclaration universelle des Droits de l’homme, dont s’inspire la CEDH, née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avait pour objectif d’empêcher qu’une hégémonie raciale ou idéologique puisse à nouveau s’installer, suite aux horreurs du régime nazi. Il ne s’agissait pas d’imposer un mode de vie particulier, en l’occurrence occidental, au reste du monde ou aux personnes qui choisissent de s’installer en Europe. L’égalité dont il est question n’est pas ce nivellement des différences, de type "hégémonique", mais une égalité fondamentale, laissant la place à la différence, et à son corollaire, le respect par chacune et chacun, quelles que soient ses croyances, de ces normes fondamentales, lesquelles doivent devenir le creuset de ce "socle commun de valeurs". Il convient en revanche d’éviter de faire un amalgame, hélas trop récurrent, entre "valeurs universelles" et "mode de vie occidental". Cela reviendrait à trahir l’universalité de ces valeurs.

De façon paradoxale, ce sont en fait les auteurs de cette opinion qui réclament des "accommodements" aux normes supérieures établies par la CEDH et par la Constitution car ils estiment dangereux de laisser à certains le droit de faire valoir leurs droits. Une telle démarche tend surtout à préserver un certain mode de vie, une certaine conception de l’identité occidentale, faits de repères historiques, culturels et autres, mais non des valeurs fondamentales.

Cette démarche aboutit à imposer une forme subtile d’hégémonie et de totalitarisme, curieusement dénommée "laïcité". La question est de savoir si cet "accommodement" à la norme supérieure revendiquée par certains laïques est "raisonnable". La CEDH prévoit cette possibilité de dérogation, pour autant que ce soit par une loi (ou un décret en Belgique). C’est à notre avis le seul vrai débat ouvert à ce sujet.

En Belgique, la laïcité est la neutralité. La neutralité est cet espace commun où chacun(e) peut trouver sa place. Mais ce n’est pas une norme imposant une manière de vivre "laïque" au sens philosophique du terme. Ceci qui constituerait selon nous une dérive et un détournement du principe constitutionnel de neutralité.

Il est temps d’aborder les réalités du 21e siècle et de dépasser le clivage "religion/laïcité" du 19e siècle : la laïcité politique, qui n’est autre que la neutralité, appartient à tous et toutes, pas plus aux "laïques philosophiques" (athées et agnostiques) qu’à ceux et celles qui se revendiquent d’une religion. Il revient dès lors à chacun et chacune, sans formation de camps opposés, de préserver et de défendre cet espace commun.

Et pour plus de clarté, il convient de séparer l’Etat de la laïcité organisée. Celle-ci est reconnue par l’Etat comme une conviction philosophique, à l’égal d’une religion, et bénéficie à ce titre de financements publics. La laïcité organisée n’a pas le monopole de la laïcité politique. Cette dernière appartient à toutes les convictions religieuses et philosophiques de façon égale : c’est le garant de notre liberté, de notre égalité et de notre fraternité. Nous battre pour préserver cet espace de neutralité, c’est le véritable enjeu de la démocratie et du vivre ensemble.

pour retrouver les signataires de cet article : http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/512764/le-r...

12/06/2009

et après...

Le CDF, malgré le beau score des deux jeunes-cdf présents sur les listes : Claire-Marie Degomme et Henri de Codt, n'a pas encore pu bouleverser l'échiquier politique belge. Ce n'est pas bien grave et, dans l'état actuel des choses, c'est normal. Cependant, l'avenir ne nous attendant pas, si les négociations occupent les esprits de certains, la réflexion ne manquera pas d'occuper le nôtre. Pour les lancer je vous passe ici une belle chronique de Myriam Tonus parue dans la libre de ce vendredi, ventant l'audace des idées, du rêve et des défis.

 

Heureux les rêveurs!

 

Le nom d’Elie Brun-Lavainne ne vous dit sans doute pas grand-chose. En 1873, cet archiviste de la ville de Lille écrivit un petit livre intitulé "Les femmes". Toute prudence envolée, il s’y livre à une anticipation sur le devenir de ce qu’on appelait à l’époque le beau sexe, voit en la femme l’avenir de l’humanité et projette les bienfaits qui ne manqueront pas d’advenir dans la vie sociale et politique du 20e siècle si les femmes accèdent aux fonctions dont elles sont alors écartées. Ce qui ne l’empêche pas de rejeter dans le même temps la perspective d’une école obligatoire pour tous et la diminution des inégalités sociales ! Comme quoi les rêves les plus visionnaires ne sont jamais préservés du risque de la myopie

Car ce petit ouvrage oublié est bien l’œuvre d’un rêveur. D’un homme qui, au beau milieu d’une société où s’impose comme évident le rôle secondaire et effacé des femmes, pressent ce qui, de fait, paraîtra cent ans plus tard : la capacité des femmes à y prendre leur place. Et à le faire de manière originale, c’est-à-dire sans adopter le mode guerrier (compétition, rivalité, pouvoir) installé par des siècles de patriarcat. Sans doute sommes-nous encore loin du compte ! N’empêche. S’il n’y avait eu dans le passé des femmes (et aussi des hommes, comme Brun-Lavainne) pour oser imaginer que les choses puissent être autrement qu’elles n’étaient, le code de Napoléon continuerait de considérer la moitié de l’humanité comme mineure et incapable.

Les rêveurs, il est vrai, suscitent rarement adhésion et enthousiasme - sauf chez celles et ceux à qui ils ouvrent un avenir. Au mieux, leur rêve rencontre sourires et sarcasmes, au pis, confrontation et violence. Jésus, le "doux rêveur de Galilée" (comme l’appelait Renan) est mort sans avoir vu le début de la concrétisation de son espérance. Le I have a dream de Martin Luther King n’est entré dans les anthologies qu’après son assassinat. Et je me souviens des plaisanteries que provoquait, il y a 25 ans, le discours proprement prophétique de Riccardo Petrella quand il dénonçait les dangers de la compétitivité. Celles et ceux qui, un jour, ont rêvé d’une école pour enfants pauvres, d’une pédagogie alternative, de congés payés pour les ouvriers, de suffrage universel ou d’alliance des nations pour la paix se sont vus aussitôt opposer la belle raison et l’argumentation bétonnée des chantres de la réalité qui, comme chacun sait, n’est jamais qu’une construction, donc relative et révisable. En humanité, la réalité sert bien souvent à justifier les prises de pouvoir

"Faut pas rêver !" : tel est le credo de ces réalistes qui vous démontreront qu’on peut certes toujours s’offrir une petite évasion du côté une réalité "autre", mais que le bon sens (c’est-à-dire celui qu’emprunte leur chemin) prévaudra immanquablement, que le pragmatisme (c’est-à-dire leur propre manière de fonctionner) aura toujours le dernier mot. Au vu de l’état de la planète, de l’économie, de notre enseignement et de nos impasses politiciennes, un tel pragmatisme laisse songeur ! "Soyez réalistes, demandez l’impossible" : le slogan du Che a fait long feu, lui aussi. Et pourtant. Considérant l’humanité telle qu’elle est (n’est-ce pas ça, le réalisme ?), avec ses lenteurs, ses égoïsmes, ses peurs, ses jeux de pouvoir, peut-être faut-il en effet oser rêver loin, du côté de l’impossible pour qu’un petit pas soit possible. Pour qu’époque après époque, d’autres reprennent à leur compte le grand rêve initial et qu’advienne, nourri par le temps, quelque changement qui finira par transformer la face des choses.

Les grands progrès humains ont tous été ensemencés par le rêve : "Si l’idée n’est pas a priori absurde, elle est sans espoir", disait Einstein. Si nous voulons laisser à nos enfants autre chose que la désespérance d’un horizon étriqué, aux dimensions d’un "pragmatisme" (économique, politique, social, culturel) de pacotille, alors il est temps que nous ayons le courage de nos rêves.

 

Myriam Tonus dans la libre de ce vendredi 12 juin 2009

http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/508908/heur...

04/06/2009

le 7 Juin votez pour lui!

Henri de Codt, un jeune sur la liste bruxelloise du CDF (liste 42)

 

 

 

Le CDF, vous y croyez toujours?

Plus que jamais! La période que nous traversons nous montre que, lorsqu'on évacue du champ politique les

vraies valeurs humaines, on crée un vide dans lequel viennent s'engouffrer les pires choses : matérialisme,

fanatisme, intégrisme, injustices à l'égard des plus faibles, mépris de la famille. Ce qui fonde notre société se

trouve bafoué en faveur de ce qu'on appelle « les droits de l'homme ». Ces derniers deviennent malheureusement

de plus en plus souvent les droits de certains au détriment des autres. Voyez comme on donne la possibilité aux

parents de divorcer facilement et comme on oublie par là le bien de l'enfant. C'est vraiment la notion de liberté et

de responsabilité qui est de plus en plus mal comprise, généralement à cause du manque de repères. La société

toute entière en est victime... et chacun en particulier.

 

Le « C » du CDF risque de rebuter pas mal de gens...Pourquoi le maintenir?

Quand on entend « valeurs chrétiennes », avec un peu de bonne volonté on sait de quelles valeurs ont parle! Le

langage est clair : nous défendons la vie et la famille. Et dans ce mot « chrétien », on sent aussi quelque chose

d'immuable : nos valeurs ne changeront pas en fonction des modes. Ces valeurs sont toujours actuelles, toujours

indispensables pour vivre en société.

Vous trouvez ces valeurs ringardes ? Certainement pas ! Elles sont éternellement jeunes! Il suffit de voir comme

les gens qui en vivent vraiment rayonnent une paix profonde, même à travers les difficultés.

Et cela, chrétien ou pas, on peut s'en rendre compte. Le CDF n'est en tout cas pas un club de chrétiens coincés

sur la défensive. Ceux qui croient cela ne nous ont jamais rencontrés!

 

Et que dire du « F » qui a changé de sens?

Effectivement, il signifiait « Francophones » et est devenu « Fédéraux » pour mieux refléter l'esprit qui nous

anime et notre volonté d'unir les qualités de nos communautés linguistiques pour le service de notre pays. Nos

façons différentes d'aborder les difficultés et les événements sont une richesse insondable! Nous croyons que

nous pouvons encore vivre ensemble et nous pensons aux très nombreuses familles qui ont leurs racines des

deux côtés de la frontière linguistique et qui vivent dans un joyeux bilinguisme!

 

Avez-vous des qualités particulières pour vous lancer dans la politique?

Je n'ai aucun titre académique pour m'attirer les voix. Par contre, je suis ouvert sur tous les sujets d'actualité. Et

au-dessus de tout cela, j’ai le très vif désir de laisser à ceux qui nous suivent une société plus belle et plus juste.

Chez moi, idéalisme et réalisme font assez bon ménage!

 

Donc vous nous dites : « Votez pour moi »?

Je n'aurais pas cette prétention! Je vous dirais plutôt : même si cela vous paraît inutile de voter pour un si petit

parti, vous ne perdez pas votre voix parce que vous vous unissez à nous pour nous rendre plus forts. Et un jour –

peu importe qu'il soit proche ou lointain – nous pourrons nous faire davantage entendre. Quand vous votez, vous

avez en somme la possibilité de vous poser la question: « Qu'est-ce qui est le plus important pour moi? » A vous

de répondre : mon portefeuille? ma sécurité? ma liberté? la vie?... Vous êtes seuls à pouvoir répondre!