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24/12/2008

sur ce, joyeux noël et bonne année

Au delà de tous nos bavardages politiciens, voici la lettre du chef indien Seattle adressée à l'ambassade du président américain en 1854. L'authenticité de cette lettre qui répond à la demande du gouvernement des États-Unis désireux d'acheter les terres indiennes est mise en cause mais peu importe, ce texte est magnifique et parfait pour redémarrer une nouvelle année qui s'annonce palpitante.

 

 

« De Washington, le Président fait dire qu’il désire acheter

nos terres. Comment peut-on acheter ou vendre le ciel et la

terre ? Cette idée est étrangère à mon peuple. Si la présence

de l’air et l’éclat de l’eau ne nous appartiennent pas,

comment pourriez-vous nous les acheter ? Chaque parcelle

de ce pays est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille

scintillante de pin. Chaque rivage de sable. Chaque brume

dans les forêts profondes. Chaque insecte bourdonnant. Ils

sont tous sacrés dans la mémoire et la vie de mon peuple.

Pour nous, la sève qui coule dans les arbres est comme le

sang qui coule dans nos veines. Nous faisons partie de cette

terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont

nos sœurs. L’ours, le chevreuil, l’aigle royal, tous sont nos

frères. Les crêtes rocheuses, la rosée des prairies, la chaleur

des chevaux, l’homme, tous sont de la même famille. Cette

eau qui scintille dans les ruisseaux et les torrents n’est pas

de l’eau, mais le sang des ancêtres. (...)

Si nous vous vendons nos terres, rappelez-vous qu’elles

seront sacrées. Chaque reflet spectral dans l’eau limpide des

lacs nous dit les événements et la mémoire du peuple. Le

murmure de l’eau est la voix du père de mon père. Les

rivières sont nos sœurs. Elles apaisent notre soif. Elles

portent nos canots et nourrissent nos enfants. Il vous faut

être doux avec elles comme avec nos sœurs. Si nous vous

vendons nos terres, rappelez-vous que l’air est précieux.

L’air partage son esprit avec chaque chose vivante. (...)

Enseignerez-vous à vos enfants comme nous avons

enseigné aux nôtres que la terre est notre mère à tous ? Ce

qu’il advient de la terre advient à tous les enfants de la terre.

De cela, nous sommes sûrs. La terre n’appartient pas à

l’homme. L’homme appartient à la terre. Toutes choses

sont liées comme le sang qui nous unit. L’homme n’a pas

tissé la toile de la vie, il n’en est qu’un fil parmi tant

d’autres. Ce qu’il fait à la toile, c’est à lui-même qu’il le fait.

Nous savons ceci, que notre Dieu est aussi votre Dieu. La

terre lui est précieuse. Nuire à la terre, c’est mépriser son

créateur.

Votre destin est un mystère pour nous. Qu’arrivera-t-il

quand tous les bisons auront été massacrés, et domptés les

chevaux sauvages ? Qu’arrivera-t-il quand les coins les plus

secrets de nos forêts seront imbibés de l’odeur des hommes

et que la vue de collines mûres sera obstruée par les fils

parlants ? Où seront les bosquets ? Disparus. Où sera

l’aigle ? Disparu. Que voudra dire prendre congé du poney

agile, renoncer à la chasse ? Sera-ce la fin de la vie et le

début de la survie ? Quand le dernier Peau-Rouge aura

disparu de ces terres sauvages, quand son souvenir ne sera

plus que l’ombre d’un nuage traversant la prairie, ces rives

et ces forêts vivront-elles encore ? L’esprit de mon peuple

aura-t-il survécu ?

Nous aimons cette terre comme le nouveau-né aime

entendre battre le cœur de sa mère. Si nous vous vendons

cette terre, aimez-la comme nous l’avons aimée. Prenez-en

soin comme nous en avons pris soin. Conservez-en la

mémoire comme au jour où vous l’avez reçue. Préservez la

terre pour tous vos enfants, et aimez-la comme Dieu nous

aime tous. Nous faisons partie de cette terre, et vous faites

partie de cette terre. La terre nous est précieuse. Elle l’est

aussi pour vous. Nous savons qu’il n’y a qu’un seul Dieu.

Aucun homme, rouge ou blanc, ne saurait être distinct d’un

autre. Nous sommes frères, après tout. »

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